Une ambulance rouge verte à Versailles !Le véhicule de secours à victimes électrique des sapeurs-pompiers de Versailles
Les sapeurs-pompiers et la protection de notre environnement
Les sapeurs-pompiers sont très bien placés pour connaitre les dangers des atteintes à notre environnement. Ils interviennent régulièrement pour lutter contre des incendies qui dégagent des fumées toxiques, de particules fines… mais également lors de fuites de polluants que ce soit en sites industriels ou sur les voies routières ou ferroviaires avec le transport de matières dangereuses.
Ils sont de plus en plus concernés par le réchauffement climatique. On constate en effet que les conditions climatiques sont en train de gommer la traditionnelle frontière Sud-Nord en matière d’incendies de forêts. Le risque a franchi la Loire et ne se cantonne plus seulement dans l’arc Méditerranéen. Du fait des conditions météorologiques la fréquence des incendies d’aires naturelles augmente ainsi que leurs intensités et leurs vitesses de propagation1Durant l’été 2020 les sapeurs-pompiers d’Eure-et-Loir ont du combattre 40 départs de feux de moissons en une seule journée !.
Il n’est donc pas étonnant que les sapeurs-pompiers soient sensibilisés à la protection passive de notre environnement.
Ainsi depuis plusieurs années on voit des centres de secours ou des services départementaux se lancer dans des actions éco-responsables. Des actions diverses et variées, ici on installe des panneaux voltaïques, comme en Corse-du-Sud, là on installe des ruches pour sensibiliser les visiteurs à la biodiversité comme à Soissons (Aisne) ou dans l’Hérault…
Mais d’autres ont franchi un pas de plus dans la transition énergétique en mettant en service des véhicules électriques.
Les sapeurs-pompiers et les véhicules électriques
C’est une vielle histoire ! Rappelons-nous que les sapeurs-pompiers de Paris ont mis en départ un fourgon d’incendie à traction électrique en 1899 puis peu après un départ électrique constitué d’une pompe, d’un fourgon d’incendie et d’une échelle ! (voir notre article).
La traction électrique apportait certes une amélioration des délais d’intervention par rapport aux engins hippomobiles mais posait déjà quelques problèmes d’utilisation: poids des accumulateurs et leur recharge, disponibilité des engins dont les accumulateurs sont vides… Peu après c’est l’avènement des moteurs à combustion.2La motorisation des engins du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris commence peu après. Le premier de la trentaine de fourgons Delahaye-Farcot qui seront mis en départ, arrive à la caserne rue Blanche, à Paris, en avril 1906. Voir notre article.
Mais au fil des décennies la pollution engendrée par les énergies fossiles, le choc pétrolier… ont conduit à rechercher de nouvelles innovations en matière d’énergie de propulsion et en particulier celle mettant en œuvre des moteurs électriques. Ainsi en 2021 le nombre de voitures électriques vendues en Europe a dépassé celui des voitures Diesel !
Les pompiers de Paris, encore eux, testent en 2012 une Renault Twizy ZE. Ils mettent en service peu après une trentaine de véhicules électriques dont des Renault Zoe ou des Bluecar de BlueSolutions… Ce sont des véhicules légers destinés aux liaisons ou aux missions logistiques. Il était prévu d’étendre ce type de propulsion aux engins de secours à victimes mais la technique ne le permettait pas encore.
En effet la propulsion électrique, si elle a pénétré le marché des particuliers, a longtemps été trop contraignante pour les sapeurs-pompiers : une autonomie encore trop faible, un temps de recharge, durant lequel l’agrès ne peut plus être opérationnel, le poids des batteries3Quatre tonnes de batteries pour un engin-pompe tonne selon des essais effectués en Allemagne. Celles-ci doivent alimenter la propulsion et animer la pompe à incendie.…
Toutefois en 2025 les sapeurs-pompiers des Yvelines mettent en départ le premier véhicule d’intervention totalement électrique !
Le VSSUAP des sapeurs-pompiers de Versailles
Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un véhicule de secours à victimes, soit l’agrès le plus sollicité des sapeurs-pompiers ! Plus précisément d’un véhicule de secours et de soins d’urgence aux personnes (VSSUAP) selon la nouvelle terminologie.
Il est mis en départ en avril 2025 depuis le centre de secours principal de Versailles après une période de tests qui s’est avérée satisfaisante.
Il est aménagé par l’équipementier allemand WAS, en collaboration avec les sapeurs-pompiers des Yvelines, sur un châssis Iveco Daily, désigné eDaily par son constructeur.
Il est baptisé par son concepteur WAS 500 E-Ambulance.
Il est équipé de batteries LFP (lithium-phosphate de fer) de 87 kWh qui animent un moteur électrique pouvant atteindre 140 kW en pic et 90 kW en nominal. Lors des phases de décélération et de freinage, le véhicule peut transformer une partie de l’énergie cinétique en courant électrique, pour recharger ses batteries. Le centre de secours dispose de bornes de recharge.
L’équipementier a utilisé des matériaux légers afin d’économiser du poids (4250 kg) et donc de l’énergie motrice : structure en profilés aluminium avec revêtement intérieur et extérieur en aluminium. Ce poids maitrisé associé à la puissance du moteur électrique et à la charge permet d’atteindre une autonomie de 150 km et une vitesse de 120 km/h.
L’alimentation électrique des équipements médicaux, y compris la climatisation et la ventilation, est entièrement assurée par le moteur électrique.
Des panneaux solaires ont été installés sur le toit de la cellule afin d’alimenter en complément une batterie auxiliaire pour les différents équipements de la cabine.
Le véhicule se destine surtout à un usage urbain.
Notes
| ↑1 | Durant l’été 2020 les sapeurs-pompiers d’Eure-et-Loir ont du combattre 40 départs de feux de moissons en une seule journée ! |
|---|---|
| ↑2 | La motorisation des engins du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris commence peu après. Le premier de la trentaine de fourgons Delahaye-Farcot qui seront mis en départ, arrive à la caserne rue Blanche, à Paris, en avril 1906. Voir notre article. |
| ↑3 | Quatre tonnes de batteries pour un engin-pompe tonne selon des essais effectués en Allemagne. Celles-ci doivent alimenter la propulsion et animer la pompe à incendie. |
