L’alimentation en eau dans la lutte contre les incendies


Engin-pompe en action
Engin-pompe en action

L’eau est l’agent extincteur le plus utilisé et le plus abondant. Les engins-pompes des sapeurs-pompiers sont, pour la plupart, porteurs d’eau: fourgon-pompe tonne (FPT), véhicule de première intervention (VPI ou PS)… Cette capacité en eau permet l’attaque immédiate d’un incendie soit par le dévidoir de premier secours, directement relié à la pompe et à la tonne, soit par un établissement de tuyaux connecté à un raccord de refoulement de l’engin. Mais cette capacité est limitée et peut se révéler insuffisante en fonction de l’importance du sinistre. Il est alors urgent de trouver une source d’alimentation. Différentes solutions sont possibles comme l’alimentation à partir d’un plan d’eau naturel (étang, lac, bord de mer…) ou artificiel (bassin, piscine…), de points d’alimentation spécifiquement prévus à cet effet: bornes et bouches à incendie (hydrants), citernes…

Il faut parfois aller cher loin ce point d’alimentation et le dévidoir automobile (DA, DATT, CDHR…) entre en jeu pour établir de grandes longueurs de tuyaux. Pour maintenir la pression sur ces grandes longueurs de tuyaux il faut la relever par des motopompes positionnées en relais.

En 1923 est né le concept d’Ensemble de grande puissance (EGP) à Paris avec la mise en service d’une autopompe de grande puissance Somua. Celle-ci était destinée à apporter une grande puissance hydraulique (pompe d’un débit de 300 m3/h à 5 bar de pression ! ) pour combattre les grands incendies mais également à alimenter de grandes longueurs de tuyaux tout en garantissant une pression suffisante aux lances. C’est pourquoi cet engin était accompagné d’un camion-dévidoir qui transportait les longueurs de tuyaux nécessaires. Dans les années 1950 les deux types d’engins fusionnent pour former le fourgon-pompe grande puissance dévidoir (FPDGP) qui concentre puissance hydraulique et dotation en tuyaux.

L’alimentation peut aussi être assurée par des engins spécifiquement porteurs d’eau et ce en grande quantité: camion-citerne d’incendie (CCI), camion-citerne de grande capacité (CCGC)… Certains portent même un réservoir en plastique renforcé qui peut être rempli par l’engin une fois mise en œuvre. Cette « piscine » devient un réservoir temporaire qui va pouvoir alimenter les engins d’attaque. Le camion-citerne peut alors entamer, si nécessaire, des norias entre un point d’eau ou un hydrant et ce réservoir pour le maintenir opérationnel. C’est une procédure particulièrement utilisée dans la lutte contre les feux d’aires naturelles.

Le fourgon-mousse de grande puissance (FMoGP) peut aussi être utilisé car il porte une grande quantité d’eau nécessaire à la production de mousse.

Dans ce dossier nous allons passer en revue ces divers modes d’alimentation:

Partie I: Le poteau à incendie
Partie II: La bouche à incendie
Partie III: Les bateaux-pompes
Partie IV: Les engins porteurs d’eau
Partie V: Les points d’eau naturels
Partie VI: Les bombardiers d’eau