La Renault R12 break des sapeurs-pompiers


Renault R12 berline
Renault R12 berline

Renault R12 break
Renault R12 break

Véhicule de liaison R12 berline
Véhicule de liaison R12 berline

Véhicule de liaison Renault R12 break
Véhicule de liaison Renault R12 break

Véhicule radio-médicalisé Renault R12
Véhicule radio-médicalisé Renault R12

Camionnette d'incendie Renault R12 Société
Camionnette d'incendie Renault R12 Société

La Renault R12 est lancée par la Régie en 1969. C’est une berline animée par un moteur à essence, dit Cléon-Fonte1Du nom de l’usine Renault ultra-moderne en Normandie où il fut tout d’abord fabriqué., d’une puissance de 1 293 cm3, d’où serait tiré son nom de R12.  Ce même moteur équipe l’Estafette du même constructeur. C’est un moteur robuste produit à partir de 1962 qui a équipé déjà la Renault Floride et la R8.

En 1970 la berline est rejointe par un modèle Break puis en 1971 par un modèle Société, de type fourgonnette, avec deux portes en versions tôlée ou vitrée.2La même année, 1971, voit la mise en production de la Renault R12 Gordini avec un moteur de 1 565 cm3.

Elle existera en trois finitions : L, TL avec une finition plus aboutie, et TS avec le moteur Cléon de la R15 avec un double carburateur. Cette dernière, de présentation plus sportive, développe une puissance de 68 ch au lieu de 60 ch pour les L et TL. Elle se reconnait à ses jantes de type Gordini et sa baguette latérale chromée sur l’arête des flancs.

La R12 est un beau succès commercial. Concurrente de la Citroën GS, de la Peugeot 304 et de la Simca 1300, elle est produite quelques mois après son lancement à plusieurs centaines d’unités par jour. En 1973 elle est l’automobile française la plus vendue.

Spacieuse et robuste, elle va convaincre aussi les services de secours et d’assistance.

La Renault R12 et les sapeurs-pompiers

On voit ainsi apparaitre des R12 Break sous les couleurs des Services d’aide médicale urgente (SAMU, SMUR) ou de la police avec la livrée pie classique. On voit aussi les versions Break et société portant les couleurs de véhicules d’incendie sous la forme de véhicules de liaison mais aussi de véhicules radio-médicalisés, d’ambulances légères et de camionnettes d’incendie.

Véhicules de liaison

Confortable, puissante avec ses 7 cv, spacieuse avec cinq places assises, un large vitrage, un volume de malle important, la Renault R12 break ne pouvait que séduire nos sapeurs-pompiers. D’autant qu’elle reste économiquement abordable.
Elle est donc utilisée en tant que véhicule léger de liaison pour assurer les relèves de personnels sur interventions, effectuer des transports de personnels (et leurs matériels) lors de compétitions sportives, représentations, formations… et de manière générale pour toute servitude rencontrée dans la vie d’un centre de secours ne nécessitant pas un engin plus lourd.
La version berline a également été utilisée.

Ambulances légères

Les sapeurs-pompiers ont utilisé des automobiles de type break en tant qu’en ambulances légères. La plus connue étant la Citroën DS qui a été largement aménagée en ambulances, surtout civiles et privées, mais aussi en véhicules sapeurs-pompiers (sapeurs-pompiers des Yvelines, des Pyrénées-Orientales…)
Bien entendu le gabarit d’une automobile, même break, la rend moins spacieuse qu’un utilitaire de type camionnette. Ainsi une ambulance légère ne comprend qu’un seul brancard (la normalisation en prévoit deux) et rend malaisé les soins en cours de route. Mais dans les années 1970 une automobile break aménagée en ambulance peut être un bon choix, en zones montagneuses par exemple, par rapport à des utilitaires de types Peugeot J7 ou Citroën H.

Ces ambulances sapeurs-pompiers ont existé avec des châssis Peugeot 403 et Peugeot 404 par exemples… et avec la Renault R12. Parfois au prix d’aménagements supplémentaires comme la suppression du siège avant passager…

Elles peuvent alors présenter un toit ou ses ailes de couleur blanche comme c’est souvent le cas avec des véhicules sapeurs-pompiers sanitaires (voir notre dossier sur la couleur des engins d’incendie.). Les vitres arrières sont opacifiées comme c’est l’usage pour de tels véhicules. Certains de ces ambulances ont porté un petit drapeau avec la traditionnelle croix pour indiquer leur usage de transport sanitaire.

On pourrait citer celle des sapeurs-pompiers de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône avec un toit blanc et drapeau, ou celle, entièrement rouge, de Lélex dans le département de l’Ain. Cette dernière était souvent engagée pour le transport sanitaire des skieurs blessés depuis la station de Lélex/Crozet…

Véhicules radio-médicalisés

Là encore la maniabilité, la puissance, les espaces de rangement… de la Renault R12 vont être mis à profit pour acheminer rapidement un médecin vers les interventions nécessitant un secours médical. La malle arrière pouvant contenir tout le matériel et les équipements nécessaires à la médicalisation d’un secours à victimes.

Ce véhicule radio- médicalisé pouvait être dans une livrée entièrement rouge ou encore avec des éléments de couleur blanche comme le toit et les ailes comme celle des sapeurs-pompiers de Bouzigues dans le département de l’Hérault… Celles des marins-pompiers de Marseille portaient sur les portières arrières la traditionnelle croix blanche.

Camionnettes d’incendie

Plus rarement l’espace offert par la malle arrière a même permis d’y ranger du matériel d’incendie : longueurs de tuyaux en couronnes, pièces de jonction, extincteurs, outils… et a permis d’utiliser la Renault R12 comme une petite camionnette d’incendie. C’est le modèle Société qui est alors utilisé avec deux portes avant et le hayon arrière, en version tôlée ou vitrée. On peut citer par exemple celle de Perthes-en-Gâtinais dans le département de Seine-et-Marne. C’est le modèle commercial qui est utilisé, sans aménagement particulier, avec un gyrophare porté par un support de galerie. Un crochet d’attelage est installé
La puissance de la R12 lui permet de tracter alors une motopompe remorquable et pour cela un crochet d’attelage est installé.3A titre d’anecdote on a vu également une Peugeot 203 ainsi mise en départ dans le département de l’Ardèche. Cette 203 avait été initialement une véhicule mortuaire !

Fin de production

La production de la R12 prend fin en 1980 en France mais se poursuit à l’international4Dans les années 1970, la R12 est la voiture française la plus fabriquée à l’étranger !. La Renault R15 est produite à partir de 1972, la R14 à partir de 1976, la R18 à partir de 1978…

Véhicule de liaison Renault R12 break
Véhicule de liaison Renault R12 break

Véhicule radio-médicalisé Renault R12 break
Véhicule radio-médicalisé Renault R12 break

Ambulance légère Renault R12 break
Ambulance légère Renault R12 break

Camionnette d'incendie Renault R12 break
Camionnette d'incendie Renault R12 break

Remerciements

Merci à Serge TIGÉ et Patrick BESSY d’avoir mis à notre disposition leurs photographies personnelles.

Notes

Notes
1 Du nom de l’usine Renault ultra-moderne en Normandie où il fut tout d’abord fabriqué.
2 La même année, 1971, voit la mise en production de la Renault R12 Gordini avec un moteur de 1 565 cm3.
3 A titre d’anecdote on a vu également une Peugeot 203 ainsi mise en départ dans le département de l’Ardèche. Cette 203 avait été initialement une véhicule mortuaire !
4 Dans les années 1970, la R12 est la voiture française la plus fabriquée à l’étranger !