Le secours à victime à Marseille

Jusqu'en 1969 c'est Police Secours, comme dans d'autres grandes villes de France, qui assure le relevage des victimes de la voie publique à bord du car PS (le fameux "panier à salade"). Le confort des victimes dans le véhicule est plus que "spartiate" : la civière est à même le plancher du car, calée au pied des agents ! Il n'était évidemment pas possible de médicaliser ce type de transport.

Fourgon de secours aux asphyxiés et blessés - 1969

Dès 1966 on pense confier ce service au Bataillon de marins-pompiers de Marseille. Le ministère de la défense est pressenti (n'oublions pas que le Bataillon est militaire !). En octobre 1969 le maire de Marseille signe un accord avec l'Assistance Publique : le secours à personnes sur la voie publique et à domicile.

80 marins-pompiers seront affectés à cette nouvelle mission. Le service de santé du Bataillon passe alors de 5 à 7 médecins (la plupart d'entre-eux sont des aspirants, appelés du contingent).

10 véhicules de secours aux asphyxiés et blessés (VSAB) sont mis à la disposition du Bataillon par l'Assistance Publique. Ce seront des J7 que Peugeot a mis sur le marché en 1966. Ceux-ci sont armés par quatre hommes dont au moins trois secouristes diplômés et sont répartis dans les casernes et postes de la ville.

Casernes et postes Nombre de VSAB affectés en 1967
Strasbourg (STB) 1
Endoume (END) 1
Plombières (PLB) 2
Saint-Antoine (STA) 1
Louvain (LVN) 1
La Bigue (LBG) 2
Saint-Pierre (STP) 1 (et un véhicule de réserve)

Egalement mis à la disposition du Bataillon deux véhicules légers pour médecins. Ces derniers sont affectés à la caserne de Louvain, siège du service de santé (qui sera ultérieurement déplacé à la caserne de Plombières).

Ils sont armés par un chauffeur spécialisé et un médecin. Ils sont équipés en matériel médical : un défibrillateur, un cardiopulse, du matériel de perfusion...

En 1969 le Bataillon effectuera 14 835 secours à victimes, 16 987 en 1970, 19 485 en 1971...

Au cours des années 1980 est mis en place le service VRM (Véhicule radio médicalisé) qui monte en puissance la médicalisation des VSAB. Huitvéhicules de ce type seront alors au départ. Ils sont armés par un médecin et un conducteur spécialiste, véritable auxiliaire du médecin. Vont se succéder des Renault R12 puis R5, des Peugeot 305 puis 405, des Citröen Évasion...

A la même époque le Bataillon commence à armer des ambulances de réanimation (AR). Trois au total sur châssis Renault Master équipés par Sanicar, dont une dédiée à la réanimation pédiatrique (ARN ou ambulance de réanimation néonatale).

En 1990 est signée une convention entre la municipalité et l'Assistance publique qui va déléguer une partie du Service Mobile d'Urgence et de Réanimation (ou SMUR) au Bataillon. Ce sera un exemple de "SMUR rouge". On verra alors sur les flancs des véhicules médicalisés du Bataillon les marquages "SMUR" et "Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille". Les médecins du Bataillon participent activement à la régulation du centre d'appels du 15 nouvellement créé, aux côtés de leurs confrères hospitaliers. Cette convention sera dénoncée en 1995 par l'Assistance Publique. La réglementation exige en effet que les véhicules SMUR "décalent" à partir d'établissements hospitaliers. Le SAMU va de ce fait augmenter son parc de véhicules d'intervention SMUR. Deux véhicules radio médicalisés du Bataillon seront stationnés en milieu hospitalier, l'un à l'Hôpital Nord et l'autre à l'Hôpital d'Instruction des Armées Lavéran. Dans le même temps l'équipe médicale du Bataillon va se réduire de sept à quatre équipes.

En 1999 le Bataillon commence à désarmer les véhicules radio médicalisés au profit d'ambulances de réanimation. Ce sont des Mercedes Sprinter 312D, succédant aux 308D, à châssis rallongés et équipés par Sanicar. Elles portent les marquages marins-pompiers et non plus ceux de l'Assistance Publique. Parmi les six en service, l'une est destinée à la réanimation pédiatrique, une autre aux transports dits "secondaires", c'est à dire de centres de soins vers d'autres centres de soins et enfin, une autre est placée en réserve.