Les incendies durant le siège de Strasbourg de 1870
Le siège
L’Armée prussienne atteint Strasbourg le 12 août 1870, forte de 60 000 hommes et plusieurs centaines de pièces d’artillerie Krupp. La ville est alors assiégée pendant 46 jours. Le commandement prussien ordonne le bombardement à outrance de la ville, de ses fortifications et de ses habitants afin d’obtenir rapidement sa reddition rapide et forcer la garnison à se rendre. La ville compte alors 80 000 personnes dont 10 000 réfugiés. Elle est défendue par 11 000 militaires issus de régiments disparates avec un armement, en particulier une artillerie, très inférieur à celui des attaquants.
Plus de 5 000 bombes et opus prussiens atteignent la ville chaque jour avec une intensité particulièrement importante entre les 23 et 27 août 1La ville reçoit plus de 200 000 bombes et obus durant le siège !. Les Strasbourgeois se réfugient dans leurs caves. Les dégâts sont considérables, tous les quartiers de la ville sont touchés par les incendies provoqués par les projectiles ennemis, la cathédrale est atteinte, l’Aubette2Le bâtiment de l’Aubette de Strasbourg est un long immeuble fermant la face nord de la place Kléber, la place centrale de Strasbourg. Ancien bâtiment militaire puis centre de loisirs, il fut construit de 1765 à 1778. qui abritait le Musée des Beaux-Arts, l’église du Temple-Neuf, la bibliothèque de la ville, le gymnase protestant, la gare, le palais de justice3Le palais de justice est totalement détruit et avec lui les registres de l’État-civil., le théâtre, la préfecture… et bien entendu les habitations (plus de 400 !)…
Les secours aux victimes
Compte tenu du nombre important de blessés, des postes de secours (ambulances) sont établis en diverses places de la ville: au Grand et au Petit Séminaire (205 lits), au Séminaire protestant (140 lits), au Lycée (95 lits), au château impérial (92 lits), au couvent Saint-Joseph (91 lits), l’École normale (71 lits), à l’imprimerie Berger-Levrault (35 lits), chez les Petites sœurs des pauvres (20 lits), chez les Franciscains (19 lits), à la loge maçonnique (14 lits), chez les Sœurs réparatrices (10 lits), au Temple israélite (12 lits), au gymnase protestant… ainsi qu’au sein de maisons particulières.
Les élèves médecins de l’École de médecine de Strasbourg rejoignent ces postes avancés qui ne sont pas épargnés par les bombardements, pas plus que les hôpitaux. Le militaires de la garnison participent aux secours et les ambulances et les brancardiers de l’infanterie acheminent les blessés vers les hôpitaux ou les postes de secours. La halle couverte reçoit un restaurant populaire .
La lutte contre les incendies
Des postes de sûreté sont établis partout dans le ville avec l’organisation de rondes, assurées par les assiégés, de manière à alerter dès les départs de feux.
En 1872 le gouverneur militaire Ulrich dira des sapeurs-pompiers de Strasbourg: ll serait injuste de ne pas faire la part des intrépides pompiers, dont le zèle ne s’est pas ralenti un instant et qui ont toujours continué la lutte contre l’incendie, alors même qu’ils étaient certains de l’impuissance de leurs efforts.
En février 1930 la croix de chevalier de la Légion d’Honneur est accordée au Bataillon pour commémorer sa conduite et ses actions durant le siège5Cette même distinction sera attribuée la même année aux sapeurs-pompiers de Lyon pour leur action héroïque lors de la catastrophe de Fourvière.. En mai de la même année cette Légion d’Honneur est épinglée à son drapeau. 17 médailles militaires récompensent des sapeurs-pompiers du Bataillon particulièrement héroïques.
La reddition
Finalement le Gouverneur militaire de Strasbourg, le général Jean-Jacques Uhrich (1802-1886), sous les ordres duquel la garnison défend la ville, décide la capitulation le 28 septembre 1870. Une partie des fortifications est effondrée et il tient à éviter des combats de rues en présence des civils. Un tiers de la ville est complètement détruit. On compte 260 tués, plus de 11 000 blessés et 10 000 sans abris.
Le 2 septembre 1870 Napoléon III avait capitulé à Sedan et avait été fait prisonnier avec son armée de près de 100 000 hommes.
Notes
| ↑1 | La ville reçoit plus de 200 000 bombes et obus durant le siège ! |
|---|---|
| ↑2 | Le bâtiment de l’Aubette de Strasbourg est un long immeuble fermant la face nord de la place Kléber, la place centrale de Strasbourg. Ancien bâtiment militaire puis centre de loisirs, il fut construit de 1765 à 1778. |
| ↑3 | Le palais de justice est totalement détruit et avec lui les registres de l’État-civil. |
| ↑4 | Le terme chef de bataillon est une des appellations du grade de commandant. |
| ↑5 | Cette même distinction sera attribuée la même année aux sapeurs-pompiers de Lyon pour leur action héroïque lors de la catastrophe de Fourvière. |
