Le porteur polyvalent Siprel Rassol des sapeurs-pompiers de Paris (1971)
Certaines interventions, au fil de leur évolution, peuvent nécessiter l’acheminement de matériels et équipements complémentaires que n’embarquent pas forcément les véhicules d’incendie standards.
Ces matériels sont utiles pour acheminer les équipements engagées dans les opérations de ventilation, d’épuisement, d’étaiement, de protection… et à contrario celles d’évacuation de charges : déblais, matières dangereuses, matériels en panne…
Ainsi des véhicules de transport standards de types plateau, bâché ou non, benne fixe, basculante ou déposable… ont été mis en service avec des volumes d’emport variables (Voir des photographies de véhicules de transport).
Le porteur polyvalent Siprel Rassol
Dans ce contexte les sapeurs-pompiers de Paris ont mis en service en 1971 des véhicules porteurs assez originaux. Initialement destinés à acheminer des échelles (dite échelles sur porteurs), ils vont en fait voir leurs missions étendues à l’emport de charges difficilement manœuvrables en facilitant au maximum leur chargement.
Cette extension n’était pas nouvelle. Leurs prédécesseurs pouvaient déjà être utilisés à des fins de transport pour d’autres matériels qu’une échelle : motopompes d’épuisement, matériels d’étaiement, fûts de liquide émulseur…
C’est la Société industrielle de préfabrication électrique ou Siprel1Zac des Prés Secs – BP 2 – 340 rue Louis Arnal, 69380 Lozanne. située près de Lyon qui a produit les trois exemplaires parisiens. Ce carrossier est en effet spécialiste des remorques abaissables au sol avec une faible garde au sol.
La motricité est assurée par un avant-train Peugeot J7. Sa charge utile est de 2 300 kg et son plateau a une longueur de plus de quatre mètres. Les pneus sont à basse pression, la répartition de la charge exercée sur le sol se fait donc sur une plus grande surface de contact, le poids est ainsi mieux réparti. Par ailleurs le franchissement de tuyaux au sol est facilité.
Un mécanisme hydraulique Rassol permet d’escamoter les deux essieux arrières. Un vérin hydraulique à double effet, fixé d’un côté sur les ressorts à lames de la suspension et de l’autre sur les jambes de force supportant les roues, permet le basculement vers le sol de la partie arrière du châssis. Cette dernière entre donc en contact avec le sol . Une rampe abaissable à l’arrière facilite alors les opérations de chargement. Celle-ci permet par ailleurs d’embarquer des matériels sur roues, un treuil positionné à l’arrière de la cabine permet de les haler vers le plateau.
Le dispositif de basculement du plateau a imposé un élargissement de ce dernier pour permettre la manœuvre sans être gêné par les essieux. Cet élargissement s’est fait dans les limites permises par le Code de la route.2La largeur maximale des véhicules autorisés à la circulation le long du réseau routier français est définie par l’article R312-10 du Code de la route. Ce texte indique que le véhicule en lui-même ou son chargement peuvent atteindre au maximum une largeur de 2,55 mètres.
Les trois porteurs, immatriculés SP 49, 50 et 51, selon la terminologie des sapeurs-pompiers de Paris, ont été mis en départ depuis différentes casernes : Gennevilliers, Saint-Maur, Levallois, Puteaux… où selon leurs affectations ont transporté une échelle (sur porteur), des fûts de liquide émulseur, des barrages flottants, la lance automatisée vue plus haut… Deux d’entre eux ont reçu des bâches rigides (SP 50 et SP 51).
Le SP 50, stationné à Levallois, se voit donc confier la mission d’embarquer la lance auto-mouvante téléguidée (LAT) mise en en service en 1972. Celle-ci a été mise en service dans le but d’engager un moyen hydraulique puissant face aux feux industriels et d’hydrocarbures en préservant la sécurité des servants. Elle se présente sous le forme d’un chariot à quatre roues surmonté d’une lance-canon. Elle n’est pas tractable et nécessite donc un porteur.
Le SP 51 a vu ses capots latéraux (couvrant les essieux et le système d’abaissement hydraulique) retirés et remplacés par des panneaux de tôle découpés, laissant visible le double essieu arrière.
Les trois exemplaires de ces porteurs ont été retirés du service actif à partir du début des années 1980. Le SP 50 fait aujourd’hui parti des engins conservés par le Musée des sapeurs-pompiers de Paris.
Deux d’entre-eux ont défilé sur les Champs-Élysées, à l’occasion de la Fête nationale, le 14 juillet 1972. Ils étaient chargés chacun d’une échelle et étaient en ligne avec une échelle automatique tout terrain Salev.
Siprel a également livré en 1976 un porteur tout à fait analogue aux sapeurs-pompiers de Lyon, mais sur un avant-train Saviem SB2.
Une collection de photographies
Merci à André Arru-Gallart, Fabien ISLER, Vincent Juriens, Serge Tigé et Patrice Havard dont les images illustrent ce dossier.
Voir aussi : Paris et ses sapeurs-pompiers
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Notes
| ↑1 | Zac des Prés Secs – BP 2 – 340 rue Louis Arnal, 69380 Lozanne. |
|---|---|
| ↑2 | La largeur maximale des véhicules autorisés à la circulation le long du réseau routier français est définie par l’article R312-10 du Code de la route. Ce texte indique que le véhicule en lui-même ou son chargement peuvent atteindre au maximum une largeur de 2,55 mètres. |
