Le camion-citerne d’incendie Berliet GLA/GLB


Le Berliet GLA/GLB

Camion-benne à ridelle Berliet GLA
Camion-benne à ridelle Berliet GLA

Camion-citerne d'incendie Berliet GLA
Camion-citerne d'incendie Berliet GLA

Camion-citerne d'incendie Berliet GLA
Camion-citerne d'incendie Berliet GLA

Camion-citerne d'incendie Berliet GLB
Camion-citerne d'incendie Berliet GLB

Camion-citerne d'incendie Berliet GLB
Camion-citerne d'incendie Berliet GLB

Camion-citerne d'incendie Berliet GLA
Camion-citerne d'incendie Berliet GLA

En 1946 le plan Pons mis en œuvre en 1946 prévoit de regrouper les industriels autour d’un petit nombre de modèles de véhicules afin de reconstituer un parc d’automobile, d’utilitaires légers et lourds durement éprouvés par la Seconde Guerre mondiale.
Renault et Citroën sont chargées de produire des automobiles, Peugeot des camions Hotchkiss, Latil et Saurer, Berliet produit des camions avec Rochet-Schneider.

A la fin des années 1940 le plan Pons est abandonné et la concurrence entre les constructeurs peut à nouveau s’installer.

Berliet vise alors à élargir sa gamme vers les bas tonnages puisque la firme propose déjà des modèles en moyens (5 à 7 tonnes) et gros tonnages (10 à 15 tonnes) tout en minimisant les couts de développements car ceux des versions lourdes, GLC ou GLR, sont déjà importants.

Sa conception est rapide (moins de deux ans) et en réutilisant des organes plus anciens datant d’avant guerre comme les essieux, les suspensions avec une une structure en bois habillée de tôle, en procédant à quelques aménagements liés à l’habitacle intérieur, la calandre….

Il dispose d’une cabine avancée. Les portes ont conservé leur ouverture à ouverture inversée1Une portière à ouverture inversée, est un type de portière d’automobile articulée à l’arrière d’un véhicule plutôt qu’à l’avant. Ces portières étaient à l’origine utilisées sur les voitures hippomobiles et plus rarement sur les voitures à moteur, notamment parce qu’elles apparaissaient moins sûres que les portières à charnières avants. En argot anglais ce type de portière est également appelé portière suicide..

Ce nouveau camion, d’une charge utile de 3.5 tonnes est présenté au Salon de l’Automobile à Paris en 1949. C’est le plus petit camion de la gamme Berliet. Ses concurrents sont alors le Citroën 23, le Renault Galion, le Hotchkiss PL25.

Il va séduire une clientèle d’artisans et de petits commerçants. Il équipe les services municipaux, les services de voirie… On va également le retrouver en véhicules d’incendie.

Berliet et les véhicules d’incendie

Berliet fournissait déjà des véhicules d’incendie mais de façon modeste et dans la période d’entre-guerre le constructeur proposait essentiellement des châssis aménagés par des équipementiers comme Guinard. On peut citer par exemple un premier secours Guinard sur le châssis Berliet VDA mis en départ à Bourg-en-Bresse dans le département de l’Ain.

A l’approche des années 1950 Laffly doit faire face à de grosses difficultés et nombre de ses employés, spécialisés donc en conception et production de véhicules d’incendie, sont recrutés par Berliet.

Berliet créé alors son département Voirie-Incendie, au début des années 1950, et va prendre une place très importante sur ce secteur d’activité. Il produit ainsi un fourgon d’incendie normalisé et un fourgon-pompe sur son châssis GLA, un fourgon-pompe tonne sur son châssis GLC, un fourgon-pompe de grande puissance sur le châssis PCK…

Le camion-citerne d’incendie Berliet GLA

Dans l’immédiate après guerre les sapeurs-pompiers mettent en œuvre des fourgons d’incendie normalisés (FIN). Ces derniers transportent hommes et matériels ainsi qu’une petite motopompe.
De conception simple, ils répondaient aux besoins de reconstruction du parc d’engins des sapeurs-pompiers au moment où les matières premières manquaient et où l’industrie, et en particulier celle des constructeurs automobiles, avait besoin d’être relancée.

Le FIN ne porte pas de tonne d’eau et l’impossibilité d’attaquer un feu directement dès sa présentation rend son utilisation difficile en zones rurales ou péri-urbaines où les réseaux d’adduction sont peu importants et où il faut aller loin chercher l’eau.

Il y avait donc un besoin d’un porteur d’eau d’un gabarit adapté à des chemins pas toujours très praticables dans ces et à des lieux isolés.

Le petit Berliet est alors tout indiqué pour satisfaire ce besoin exprimé par nos sapeurs-pompiers.

Les châssis

Berliet va donc proposer des camions-citernes d’incendie (CCI) sur plusieurs versions  de ce châssis.

Les premiers modèles sont animés par un moteur Hotchkiss à six cylindres, de 3.5 litres de cylindrée.

En 1954 une version est fournie avec un moteur MKY à essence de 100 ch, 5 litres de cylindrée et donc plus puissant. Cette version est baptisée GLA 19 avec indication de sa puissance fiscale. Elle est reconnaissable à sa petite trappe située sur la calandre qui permet d’accéder au bouchon de radiateur et rend aisée la vérification du niveau d’eau de ce dernier.

L’équipement incendie

Le camion citerne d’incendie Berliet GLA est un engin-pompe porteur d’eau, avec une cabine trois places et les aménagements suivants :

  • Une tonne d’eau,
  • Un pompe entrainée par le moteur de propulsion de l’engin,
  • Un dévidoir de premier secours à alimentation axiale directement connecté à la tonne et à la pompe,
  • Quatre aspiraux,
  • Des coffres de rangement pour y placer divers matériels,
  • Une échelle à coulisse.

Hydraulique incendie d'un engin-pompe
Hydraulique incendie d'un engin-pompe

La pompe d’incendie en bronze permet un débit de 60 m3/h à 15 kg/cm2 de pression, ou encore 30 m3 à 22 kg/cm2 et 90 m3 à 8 kg/cm2. Elle est située à l’arrière de l’engin et alimentée par la tonne de 3 500 litres ou via une source extérieure d’eau grâce à son orifice d’alimentation de 100 mm. Elle refoule dans le dévidoir de premier secours et ses 80 mètres de tuyaux de 22 mm et dans deux sorties de refoulement de 65 mm de diamètre.

Son amorçage s’effectue par une pompe à air à anneau d’eau qui lui est accolée.

La tonne est équipée d’un trou d’homme, d’un trop-plein, d’un brise-lame et d’un tube de niveau.

Quatre aspiraux de 110 mm de diamètre sont sanglés sur les plateformes à la base de la tonne.

Des coffres en position basse contiennent des crépines pour les aspiraux, des lances, des divisions, divers outils… et 200 mètres de tuyaux de 70 et 45 mmm de diamètres par longueurs de 20 mètres. 300 kg de matériels et équipements peuvent être chargés.

L’engin porte une échelle à coulisse que les sapeurs-pompiers complètent souvent avec une échelle à crochets.

La roue de secours est placée entre la tonne et la cabine, en position verticale.

Le camion-citerne d’incendie Berliet GLB

Camion-citerne d'incendie Berliet GLB
Camion-citerne d'incendie Berliet GLB

Camion-citerne d'incendie Berliet GLI
Camion-citerne d'incendie Berliet GLI

En 1951 Berliet propose une nouvelle version du GLA baptisée GLB. Pont et châssis ont été modifiés en reprenant ceux du PCK, d’abord animée par le moteur Hotchkiss de 90 ch puis par le MKY de 100 ch.

De l’extérieur les cabines sont semblables mais les jantes du GLB sont de type artillerie en acier coulé alors que celles du GLA sont en tôle.

Concernant l’aménagement incendie, la tonne est habillée c’est à dire qu’elle est enveloppée dans une carrosserie De plus les coffres latéraux sont plus hauts. Il permettent un emport plus important et en particulier les aspiraux et la roue de secours ne sont plus visibles mais rangés dans ces coffres.

Les deux plateformes latérales sont donc plus hautes et une petite échelle a été installée à l’arrière du châssis pour y accéder. Certains sapeurs-pompiers installent sur une des plateformes des bidons de liquide émulseur pour la production de mousse.
L’avant de la carrosserie de la tonne, à l’arrière de la cabine, forme un coffre de rangement.

Les versions GLA et GLB du camion-citerne d’incendie, de performances identiques, vont coexister. L’empattement du GLB est plus important (3.09 m au lieur de 2.70 m pour le GLA), les volumes de ses coffres permettent un emport de matériels plus important. Il est préférentiellement commandé par les communes disposant de budgets plus importants.  Les autres communes optent pour la version GLA plus économique.

Le camion-citerne d’incendie Berliet GLI

En 1957 Berliet propose un châssis baptisé GLI  spécifiquement destiné à être aménagé en véhicule d’incendie (I pour Incendie). C’est  en fait une version GLA équipée dès la sortie d’usine d’une prise de mouvement pour l’entrainement de la pompe à incendie. On qualifiait  à l’époque ce type de châssis de VTSU pour Véhicule transformé en sortie d’usine.

 

Camion-citerne d'incendie Berliet GLA
Camion-citerne d'incendie Berliet GLA

Camion-citerne d'incendie Berliet GLB
Camion-citerne d'incendie Berliet GLB

Une collection de photographies :

Camions-citernes d’incendie Berliet GLA

Camions-citernes d’incendie Berliet GLB

Voir aussi :

Les véhicules d'incendie sur porteurs Berliet

Le VMR 130 Sides/Berliet de Rhône-Poulenc Roussillon (1966-1994)
Les échelles Magirus sur châssis Berliet GBK 619
Le fourgon-pompe tonne Berliet 770 KEH Camiva
Le fourgon-pompe tonne Berliet GAK (1960 - 1973)

Notes

Notes
1 Une portière à ouverture inversée, est un type de portière d’automobile articulée à l’arrière d’un véhicule plutôt qu’à l’avant. Ces portières étaient à l’origine utilisées sur les voitures hippomobiles et plus rarement sur les voitures à moteur, notamment parce qu’elles apparaissaient moins sûres que les portières à charnières avants. En argot anglais ce type de portière est également appelé portière suicide.