Le VPC-SN Land Rover de l’Armée de l’air
Escadrons de sécurité incendie et de sauvetage (ESIS)
La brigade des pompiers de l’air (BPA) est une unité militaire de l’Armée de l’air et de l’espace française. Elle est constituée d’une trentaine d’unités opérationnelles composées de près d’un millier et demi de militaires. Ces derniers assurent les missions de sécurité incendie et secours aéronautiques, de protection des installations aéroportuaires, de secours à personne, de sécurité nucléaire, de défense contre la menace nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC)1Les risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques) sont des risques à danger élevé, ayant pour enjeu la vie des populations civiles ou des militaires. Le terme radiologique » a été ajouté pour désigner la dissémination de produits radioactifs contaminants.. Son commandement est situé sur la base aérienne 120 de Cazaux, en Gironde.
Elle a été créée en 2021 et est de fait la troisième unité militaire de pompiers en rejoignant la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et le Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM). Un détachement de cette nouvelle unité a défilé pour la première en fois en 2021 sur les Champs-Élysées à l’occasion de la Fête nationale.
Ses unités opérationnelles sont les Escadrons de sécurité incendie et de sauvetage (ESIS) réparties sur l’ensemble du territoire national, au sein des bases aériennes françaises ainsi qu’à l’étranger.
Elles assurent des missions de secours à l’échelle de leur base aérienne d’affectation mais peuvent potentiellement intervenir sur tout le territoire national ainsi qu’à l’étranger dans le cadre d’opérations extérieures.
Certains ESIS sont régulièrement amenés à intervenir en coordination avec les Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), en particulier en milieu rural où plusieurs bases aériennes sont implantées.
Les moyens des ESIS
Ils disposent de véhicules d’incendie et de secours à l’instar de leurs collègues sapeurs-pompiers civils : Véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV), des fourgons-pompes tonnes (FPT et FPTL), des camions-citernes ruraux (CCRM), des véhicules postes de commandement (VPC) voire même des camions-citernes pour feux de forêts (CCF)…
Ils disposent toutefois d’engins plus spécifiques à leurs missions aéronautiques : Véhicule mousse aérodrome (VMA), Véhicule de secours aéronautique (VSA)…
Le VPC-SN
En 2013 est mis en départ au sein des bases aériennes un véhicule poste de commandement/Sécurité nucléaire (VPC-SN) sur un châssis léger toutes roues motrices Land Rover 130. Il est aménagé par Essonne Sécurité, un carrossier situé, comme son nom ne l’indique pas, en Côtes-d’Armor (22) et spécialisé dans la fabrication et la maintenance de véhicules blindés.
Sur ce châssis cabine deux places a été aménagée une cellule haute reposant sur un faux châssis englobant les passages de roues. L’accès est possible par une porte battante située à l’arrière et un escalier escamotable. La cellule est constituée de différents espaces : espace situation, d’espace de travail, de rangements et également un espace extérieur protégé par un auvent déployable et rétractable sur le flanc droit.
Cette cellule est gréée en poste de commandement (VPC) mais également équipée pour la détection NRBC.
Des plaques amovibles indiquent la fonction en situation avec la mission, soit donc Vécule poste de commandement ou Véhicule de détection et la mention Armée de l’Air.
L’engin peut accueillir trois militaires dont un chef de groupe/chef de section NRBC.
Sa mission consiste à identifier et localiser des dangers afin de mettre en place les contre-mesures nécessaires. Le choix d’un engin léger s’explique par la nécessité d’une intervention rapide afin d’identifier aussi rapidement que possible la source des menaces NRBC. L’engin est projeté, pour utiliser un terme militaire, vers les zones concernées. Il est complété par des moyens plus lourds s’ils se révèlent nécessaires. L’Armée de l’air dispose pour cela par exemple de cellules/berces NRBC.
Les équipements du VPC-SN
Pourvu d’espaces de travail, il intègre les équipements habituels d’un poste de commandement, à savoir ceux nécessaires au recueil d’informations, à l’analyse des situations, à la production de messages…
L’engin est également équipé de matériels nécessaires à une estimation des risques NRBC : matériels de détection et de mesure (dosimétrie), explosimètres, outils de prélèvements… ainsi que des équipements de protection individuelle : tenue d’approche, appareil respiratoire isolant…
Une trappe située sur le côté droit de la cellule permet de passer des éléments sans que l’intervenant soit obligé d’entrer dans la partie arrière.
Une girouette peut être installée sur un axe qui se situe à l’arrière droit de l’engin. Sa fonction est d’indiquer la direction du vent ainsi que sa vitesse et sa pression. Ce sont des paramètres importants car on sait que le vent peut contribuer à disperser les polluants et donc étendre les zones menacées.
Un container réceptacle peut également être mis en place à l’arrière gauche du véhicule afin de ne pas contaminer l’intérieur de la cellule.
L’engin embarque un groupe électrogène insonorisé dans un coffre situé sur le flanc gauche, il permet d’alimenter en courant électrique les équipements de l’engin.
Une rampe lumineuse est positionnée à l’avant sur le toit de la cabine ainsi que deux gyrophares à l’arrière sur le toit de la cellule.
Le déploiement des VPC-SN
Les VPC-SN ont été déployés au sein des bases aériennes comme celles de Cazaux, en Gironde, Saint-Dizier en Haute-Marne, Nancy-Ochey en Meurthe-et-Moselle, Vélizy-Villacoublay en Yvelines…
Un exemplaire a été affecté au Centre de formation des techniciens de la sécurité de l’Armée de l’air basé à Cazaux en Gironde, au sein de la base aérienne 120.
Il est à noter que Durisotti a aménagé un véhicule poste de commandement sur un même châssis pour l’Armée de Terre.
Notes
| ↑1 | Les risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques) sont des risques à danger élevé, ayant pour enjeu la vie des populations civiles ou des militaires. Le terme radiologique » a été ajouté pour désigner la dissémination de produits radioactifs contaminants. |
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