Une échelle allemande à Marseille (1944)

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Klöckner-Humbold-Deutz FL 145
Klöckner-Humbold-Deutz FL 145

Nous sommes à Marseille en 1944. Notre premier document montre une échelle pivotante en position dressée, d’origine visiblement allemande. On sait que la Feuerschutzpolizei, police de protection incendie allemande, un service spécialisé du commandement de l’armée d’occupation, avait pour mission de suivre l’avancée de l’armée allemande. Elle avait alors la responsabilité principale de la protection contre l’incendie des territoires occupés avec les services d’urgences locaux qu’elle contrôlait1De 1940 à 1944, le régiment de sapeurs-pompiers de Paris est placé sous l’autorité du préfet de police de Paris mais sous régime d’occupation par l’armée allemande et donc sous le contrôle resserré de la Feuerschutzpolizei..

Marseille était en zone libre jusqu’en novembre 1942 date à laquelle l’armée allemande l’a envahie suite au débarquement allié en Afrique du Nord et est occupée dès le 11 Novembre 1942.

Il est donc possible que des véhicules d’incendie de la Feuerschutzpolizei se soient retrouvés à Marseille. On dispose de peu d’informations sur ces engins dans ce contexte.

Daniel BALDJIAN et Pierre OLIVIER, dans leur ouvrage Marins-Pompiers de Marseille, 70 ans de véhicules d’incendie2Soldats du feu éditions, 2011, ISBN : 2953227768., rapportent l’existence d’une échelle allemande Knöckner Humbolt qui a servi à Marseille durant la Guerre et même après. Les auteurs évoquent la possibilité d’une prise de guerre.

Notre échelle semble différente car elle présente une une cabine rallongée et un capot long. Il s’agit là aussi Probablement d’un châssis Klöckner-Humbold-Deutz ou Magirus-Deutz3En 1936, le motoriste Humboldt-Deutz de Cologne fusionne avec le constructeur de camions Magirus d’Ulm. portant une échelle Magirus de 1940. Les phares avants sont occultés par un capuchon de camouflage ou une couche épaisse de peinture ou de laque noire, de façon à ce que la lumière ne puisse filtrer au dehors que par une fente horizontale.

On aperçoit en arrière plan le pilier Nord du Pont Transbordeur. Ce pont, inauguré en 1905, était un ouvrage de franchissement du Vieux-Port de Marseille. Ce pilier a été détruit en aout 1944 par l’armée allemande qui voulait bloquer l’accès maritime au Port4L’autre pilier sera détruit en septembre 1945, cette fois par les autorités civiles françaises..

Ce document est daté d’aout 1944 donc peu de temps avant le sabordage du pont. La photographie a sans doute été réalisée pendant l’exercice de sauvetage réalisé chaque matin.

Trois marins-pompiers sont visibles dont un avec le casque des troupes de Marine en dotation au début de l’existence du Bataillon.

Le second document est une photographie d’un engin analogue en service à Wuppertal en Allemagne en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Cette photographie a été prise en 1940.

Voir aussi :

L'action des pompiers en temps de guerre

Un marin-pompier à Marseille (1943/1944)
Le prix de la Liberté (Carentan, 1944)
Les bateaux-pompes américains durant la Seconde guerre mondiale (1941-1945)

Notes

Notes
1 De 1940 à 1944, le régiment de sapeurs-pompiers de Paris est placé sous l’autorité du préfet de police de Paris mais sous régime d’occupation par l’armée allemande et donc sous le contrôle resserré de la Feuerschutzpolizei.
2 Soldats du feu éditions, 2011, ISBN : 2953227768.
3 En 1936, le motoriste Humboldt-Deutz de Cologne fusionne avec le constructeur de camions Magirus d’Ulm.
4 L’autre pilier sera détruit en septembre 1945, cette fois par les autorités civiles françaises.