San Francisco a connu terrible séisme le 18 avril 1906, d’une magnitude supérieure à 8. Plus de 28 000 bâtiments furent détruits. C’est la plus grande catastrophe naturelle ayant touché une ville américaine.
Un grand nombre d’incendies ont suivi ce tremblement de terre qui avait largement endommagé le réseau d’adduction d’eau. La ville n’armait pas à l’époque de véritables bateaux-pompes pouvant alimenter en eau les pompiers. Deux remorqueurs équipés de pompes leur ont toutefois prêté main forte : le Governor Markham et son sister ship le Gouvenor Irwin.
Des mesures de prévention seront prises pour lutter contre les incendies provoqués par des séismes potentiels : deux bateaux-pompes sont mis en oeuvre en 1909 : le Dennis T. Sullivan et le David Scannel, des stations de pompage terrestres sont construites…
Au début des années 1980 les pompiers de San Francisco ont étudié la catastrophe de 1906 et ont développé un scénario de lutte.
Au départ de la chaine il y a un bateau-pompe. A cette époque (et encore aujourd’hui !) c’est le Phoenix qui est en service. Dans la manœuvre celui-ci alimente un portable hydrant, c’est à dire un poteau à incendie portable, avec plusieurs lignes de 5 pouces (environ 127 mm) de diamètre. Et celui-ci alimente à son tour les engins-pompes d’attaque. Le Phoenix débite 36 300 litres/min !
De 3 à 5 de ces poteaux à incendie portables sont transportés par des dévidoirs automobiles au même titre que raccords et pièces de jonctions. Ces derniers emportent également près de 1 600 mètres de tuyaux de 5 pouces (environ 127 mm) pour les mettre en œuvre et les raccorder au bateau-pompe.
Les pompiers de San Francisco n’ont malheureusement pas attendu longtemps pour tester en conditions réelles ce nouveau dispositif puisqu’en octobre 1989 un second séisme secoue la ville. Là encore les réseaux d’adduction sont détruits. Là encore des incendies ont suivi le séisme, plus d’une vingtaine. Particulièrement à la Marina Loma Prieta où un violent incendie prend des proportions incontrôlables faute d’eau pour le maitriser. Le Phoenix est appelé à la rescousse et plusieurs portables hydrants sont mis en œuvre. Le bateau-pompe va ainsi débiter plus de 20 millions de litres d’eau en 15 heures ! Et les incendies seront maitrisés et éteints…
Il n’ y a pas de doute : la marina a été sauvée par le Phoenix. Pour témoigner leur reconnaissance des résidents fortunés verseront une importante somme d’argent pour financer la mise en service d’un second bateau-pompe, le Guardian, toujours opérationnel aujourd’hui.
La conclusion de cette dramatique histoire pourrait être un des slogans des pompiers de New York : When you need a fireboat, nothing else will do ! Autrement dit : Si vous avez besoin d’un bateau-pompe, rien d’autre ne fera l’affaire !




